La Journée mondiale de l’obésité 2026, organisée le 4 mars, est une mobilisation internationale autour d’une réalité encore insuffisamment reconnue. L’obésité ne se limite ni à un excès de poids ni à un défaut de volonté. Elle correspond à une maladie chronique, dont les effets s’inscrivent dans le temps et qui nécessite une prise en charge médicale structurée. Comme toute maladie, une fois installée, elle est assez indépendante de la volonté des patients, malgré des changements d’habitude de vie. Elle nécessite à minima un accompagnement pour stabiliser le poids. Les traitements médicamenteux ou chirurgicaux viennent en complément pour permettre de perdre l’excès de poids, en phase de stabilité pondérale.
Cette journée mondiale de l’obésité rappelle ce cadre médical. Elle interroge également la manière dont la maladie est perçue et abordée, y compris dans le milieu médical.
Le Mercredi 11/3 le CNO en partenariat avec le Groupe Hospitalier « Les Portes du Sud » organise une journée de sensibilisation et d’échanges autour de l’obésité:

L’obésité est-elle une maladie ?
L’obésité est reconnue comme étant une maladie chronique, évolutive et multi-factorielle. Sur le plan clinique, elle correspond à une accumulation excessive de masse grasse susceptible d’altérer la santé. Elle est fréquemment associée à des complications cardiovasculaires, métaboliques, respiratoires, articulaires ou psychologiques.
Les causes de l’obésité sont multiples et variables selon les patients. Facteurs génétiques, régulations hormonales, habitudes alimentaires, troubles du comportement alimentaire, sédentarité, métabolisme ralenti, sommeil ou santé mentale peuvent intervenir de façon combinée.
Lorsqu’elle est ramenée à un comportement individuel, l’obésité n’est prise en charge que de façon partielle. Les causes médicales et psychologiques passent au second plan. Cette situation est malheureusement fréquente.
À l’échelle mondiale, plus d’un milliard de personnes vivent aujourd’hui avec une obésité. En France, on estime qu’une personne sur six est en situation d’obésité en 2025. 2% de la population Française -soit 1,4 millions de personnes- présente un IMC supérieur à 40 avec un risque majeur de diminution de l’espérance de vie et de la qualité de vie. Les projections indiquent que, sans action adaptée, le surpoids et l’obésité pourraient concerner près d’une personne sur deux d’ici 2035.
Quel est le message de la Journée mondiale de l’obésité 2026 ?
Le thème de la Journée mondiale de l’obésité 2026 est : « Parlons de l’obésité ».
L’objectif ne se limite pas à diffuser des informations. Il s’agit aussi de réfléchir à la manière dont cette maladie est évoquée, comprise et accompagnée dans la société.
La stigmatisation liée au poids constitue encore aujourd’hui un obstacle majeur à la prise en charge. Elle peut retarder la consultation, fragiliser la relation entre les patients et les soignants, et parfois conduire à des ruptures de suivi. Or, la culpabilisation et les jugements n’améliorent ni l’état de santé ni l’adhésion aux traitements.
La méconnaissance des complications de l’obésité peut également retarder la première consultation. Beaucoup de patients ignorent que l’obésité peut favoriser l’apparition de nombreuses maladies, comme le diabète, les maladies cardiovasculaires ou les troubles ostéo-articulaires.
Pourtant, il est souvent plus facile de prévenir les complications que de les traiter. Une stabilisation du poids, obtenue grâce à des changements progressifs des habitudes de vie, peut déjà permettre de limiter l’apparition ou l’aggravation de ces complications.
Cette journée mondiale est également l’occasion de rappeler le rôle essentiel de l’entourage. Lorsque les proches disposent d’informations médicales claires sur l’obésité, les échanges deviennent souvent plus compréhensifs et plus respectueux. Cela peut faciliter le dialogue et soutenir l’engagement du patient dans son parcours de soins.
Parler de l’obésité de manière juste et informée est donc une étape importante pour mieux accompagner les patients et améliorer leur prise en charge.
➡️ À savoir : La stigmatisation liée au poids constitue un frein à l’accès aux soins et à la continuité du suivi médical.
Quels sont les traitements possibles de l’obésité aujourd’hui ?
La prise en charge de l’obésité repose sur une approche pluridisciplinaire adaptée à la situation médicale et à l’évolution clinique de chaque patient. Il n’existe pas de modèle unique.
Les premières étapes associent le plus souvent un accompagnement nutritionnel individualisé, un travail sur les comportements alimentaires et une reprise d’activité physique adaptée. Ces mesures visent à améliorer l’état de santé général et à stabiliser l’évolution pondérale.
Un accompagnement psychologique peut être intégré lorsque des troubles du comportement alimentaire ou un retentissement psychique sont identifiés. Cette dimension fait partie du suivi.
Selon les situations et le stade de l’obésité, un traitement médicamenteux ou mini invasif peut être discuté après évaluation médicale. Il peut inclure des traitements par injection en complément d’un suivi nutritionnel et médical, et même des techniques instrumentales mini-invasives réalisées par voie endoscopique, comme le ballon gastrique.
La chirurgie bariatrique intervient en dernier recours et peut inclure une sleeve gastrectomie ou un bypass gastrique à l’issue d’un parcours préopératoire rigoureux, validé en réunion pluridisciplinaire, et accompagnée d’un suivi médico-chirurgical à long terme.
Pourquoi une prise en charge spécialisée est-elle essentielle en cas d’obésité ?
L’obésité étant une maladie chronique, la prise en charge s’inscrit dans le temps. Elle ne se limite ni à une phase de perte de poids (comme un régime) ni à une intervention ponctuelle. Elle implique un suivi régulier, capable de s’adapter à l’évolution clinique.
La prise en charge spécialisée réalisée au CNO-Lyon permet d’identifier les causes en jeu, d’évaluer les complications associées et de suivre leur évolution (hypertension artérielle, diabète de type 2, troubles respiratoires du sommeil, atteintes articulaires, troubles digestifs…). Leur dépistage va impacter les choix thérapeutiques.
Le suivi spécialisé permet également d’ajuster la stratégie au fil du temps car la réponse au traitement peut évoluer. Des phases de stagnation pondérale ou de reprise partielle peuvent survenir et peut-être nécessiter une réévaluation médicale, nutritionnelle ou psychologique, sans forcément remettre en cause le parcours.

La coordination entre les différents professionnels constitue un autre enjeu central. Elle peut impliquer médecin, diététicien, psychologue, professionnel de l’activité physique et, lorsque cela est indiqué, un chirurgien digestif qui interviennent de façon complémentaire pour que les patients adhèrent mieux à leur suivi tout en évitant les prises en charge partielles inefficaces.
L’accompagnement spécialisé au Centre Nutrition et Obésité à Lyon permet d’ajuster cette prise en charge en fonction de l’évolution clinique et des besoins de chaque patient, depuis les premières étapes du parcours jusqu’aux options chirurgicales lorsque celles-ci sont indiquées.
➡️ À savoir : Dans l’obésité, les objectifs thérapeutiques peuvent être réévalués au cours du temps en fonction de l’état de santé, des complications associées et du vécu du patient.
Questions fréquentes sur la Journée mondiale de l’obésité 2026
À quoi sert la Journée mondiale de l’obésité 2026 ?
Elle vise à rappeler que l’obésité est une maladie chronique, à lutter contre la grossophobie et à corriger les idées reçues qui freinent l’accès aux soins. Elle permet d’alerter également sur les complications de l’obésité et la nécessité d’une prise en charge.
Pourquoi la stigmatisation complique-t-elle la prise en charge de l’obésité ?
Parce qu’elle peut retarder la consultation, fragiliser la relation thérapeutique et conduire à des ruptures de suivi.
La Journée mondiale de l’obésité 2026 concerne-t-elle uniquement les personnes en situation d’obésité ?
Non. Elle s’adresse à l’ensemble de la population, car l’entourage et les professionnels de santé influencent directement les parcours.
Quand faut-il envisager une prise en charge spécialisée de l’obésité ?
Lorsque l’obésité s’installe dans la durée, notamment en cas de complications associées, lorsque l’indice de masse corporelle (IMC) dépasse 35, ou lorsque les approches isolées ne suffisent plus.




