Le remboursement du Wegovy et du Mounjaro en France est dĂ©sormais effectif sous certaines conditions, et ces traitements suscitent de grands espoirs chez les patients souffrant d’obĂ©sitĂ©. Ces traitements permettent une perte de poids importante en quelques mois. Deux questions reviennent pourtant systĂ©matiquement en consultation : est-ce un traitement Ă vie, et que se passe-t-il si on l’arrĂȘte ? Le Dr Cazauran, mĂ©decin nutritionniste et chirurgien digestif, fait le point.
Que se passe-t-il lorsqu’on arrĂȘte Wegovy ou Mounjaro ?
Wegovy et Mounjaro agissent sur les mĂ©canismes qui rĂ©gulent l’appĂ©tit et la satiĂ©tĂ©. Ils rĂ©duisent la faim, diminuent les envies de grignotage et font arriver plus vite la sensation d’ĂȘtre rassasiĂ©.
Ils sont indiquĂ©s dans le traitement de l’obĂ©sitĂ©. En France, ils sont remboursĂ©s Ă 65 % depuis le 15 juin 2026 pour les adultes qui remplissent deux conditions :
- un IMC correspondant aux stades de l’obĂ©sitĂ© les plus sĂ©vĂšres (â„ 40, ou â„ 35 avec au moins une maladie associĂ©e comme le diabĂšte de type 2, l’hypertension, l’apnĂ©e du sommeil ou l’arthrose) ;
- un Ă©chec d’au moins six mois de prise en charge mĂ©dicale bien conduite, c’est-Ă -dire une perte de poids infĂ©rieure Ă 5 %.
La premiĂšre prescription est rĂ©servĂ©e aux centres et spĂ©cialistes de l’obĂ©sitĂ©.
Ă l’arrĂȘt du traitement, ses effets disparaissent progressivement. Certains patients constatent alors :
- une augmentation de l’appĂ©tit ;
- un retour des envies alimentaires ;
- une sensation de satiété moins rapide ;
- une difficulté à maintenir les portions.
« On observe gĂ©nĂ©ralement un retour progressif de l’appĂ©tit dans les semaines qui suivent l’arrĂȘt du traitement, avec une reprise plus ou moins marquĂ©e des sensations de faim », explique le Dr Cazauran.
Il n’existe pas de syndrome de sevrage. « Il ne s’agit pas d’effets secondaires de l’arrĂȘt, mais de la disparition des effets du mĂ©dicament », prĂ©cise-t-il.

ArrĂȘt du Wegovy et reprise de poids : que montrent les Ă©tudes ?
Dans l’essai STEP 1, les participants ont perdu en moyenne 17 % de leur poids de dĂ©part en 68 semaines de sĂ©maglutide. Un an aprĂšs l’arrĂȘt, ils avaient repris environ les deux tiers du poids perdu.
L’essai STEP 4 l’a confirmĂ©. AprĂšs 20 semaines de traitement, les patients passĂ©s sous placebo ont repris plus de la moitiĂ© du poids perdu en moins d’un an. Ceux qui ont continuĂ© le traitement ont encore maigri.
Reprise de poids aprĂšs arrĂȘt de wegovy et mounjaro : chiffres clĂ©s
| Ătude | Traitement | RĂ©sultat principal |
|---|---|---|
| STEP 1 (Wilding, 2022) | Sémaglutide | Reprise de ~2/3 du poids perdu en 1 an |
| STEP 4 (Rubino, 2021) | Sémaglutide | Reprise >50% du poids perdu en <1 an sous placebo |
| SURMOUNT-4 (Aronne, 2024) | Tirzépatide | Reprise ~50% du poids perdu en 1 an sous placebo |
| SURMOUNT-4 (poursuite) | TirzĂ©patide | 9/10 patients conservent â„80% de la perte de poids |
| Meta-analyse BMJ (Oxford, 2026) | SĂ©maglutide / TirzĂ©patide | Reprise ~0,8 kg/mois aprĂšs arrĂȘt |
| Meta-analyse BMJ (Oxford, 2026) | Sémaglutide / Tirzépatide | Poids de départ retrouvé en ~18 mois |
ArrĂȘt du Mounjaro et reprise de poids : que disent les donnĂ©es ?
L’essai SURMOUNT-4 va dans le mĂȘme sens. AprĂšs 36 semaines de tirzĂ©patide, les participants avaient perdu en moyenne 21 % de leur poids. Ceux passĂ©s sous placebo en ont repris environ la moitiĂ© en un an, alors que ceux qui ont poursuivi le traitement ont continuĂ© Ă maigrir. Ă la fin de l’Ă©tude :
- prÚs de 9 patients sur 10 restés sous traitement avaient conservé au moins 80 % de leur perte de poids ;
- sous placebo, c’Ă©tait le cas d’environ 1 patient sur 6.
Les bénéfices sur la tension, la glycémie et le cholestérol ont diminué avec la reprise de poids.
Ce que montre la synthÚse la plus complÚte des derniÚres études
En janvier 2026, une Ă©quipe de l’UniversitĂ© d’Oxford a publiĂ© dans le BMJ une analyse de 37 Ă©tudes portant sur plus de 9 000 adultes. Voici ce qu’elle montre :
- AprĂšs l’arrĂȘt du sĂ©maglutide (Wegovy) ou du tirzĂ©patide (Mounjaro), la reprise est d’environ 0,8 kg par mois en moyenne.
- Le poids de départ est retrouvé en un an et demi environ.
- La reprise est plus rapide qu’aprĂšs l’arrĂȘt d’un programme diĂ©tĂ©tique ou comportemental, Ă perte de poids Ă©
- La tension artĂ©rielle, la glycĂ©mie et le cholestĂ©rol, qui s’amĂ©liorent pendant le traitement, reviennent eux aussi Ă leur niveau de dĂ©part en un an et demi environ.
« Ces rĂ©sultats montrent que l’effet du traitement ne se maintient pas automatiquement aprĂšs son arrĂȘt », observe le spĂ©cialiste.
La reprise de poids est-elle systématique ?
Non. Les chiffres des Ă©tudes sont des moyennes. L’importance de la reprise varie beaucoup d’un patient Ă l’autre, selon les habitudes alimentaires, le niveau d’activitĂ© physique, l’anciennetĂ© de l’obĂ©sitĂ© ou la prĂ©sence de troubles du comportement alimentaire.
« Certains patients reprennent une partie importante du poids perdu, tandis que d’autres parviennent Ă maintenir une perte de poids durable », prĂ©cise le Dr Cazauran.
Pourquoi le poids revient-il ?
L’obĂ©sitĂ© est une maladie chronique. Le corps dĂ©fend son poids : quand on maigrit, la faim augmente et la dĂ©pense d’Ă©nergie diminue. Ces mĂ©dicaments freinent ces mĂ©canismes tant qu’on les prend, mais ils ne les font pas disparaĂźtre. C’est le mĂȘme principe que pour l’hypertension : un mĂ©dicament contre la tension n’agit que tant qu’on le prend.
Les injections Wegovy/Mounjaro sont ils un traitement Ă vie ?
C’est la question qui revient le plus souvent. La rĂ©ponse honnĂȘte est : pour beaucoup de patients, probablement oui, ou du moins pour longtemps.
Wegovy et Mounjaro corrigent un dĂ©rĂšglement biologique, ils ne le guĂ©rissent pas. C’est exactement la situation de l’hypertension ou du diabĂšte : personne ne s’Ă©tonne qu’un traitement contre la tension se prenne des annĂ©es. Les Ă©tudes le confirment : Ă l’arrĂȘt, le poids revient chez la majoritĂ© des patients.
« Un patient qui commence ce traitement doit savoir dĂšs le dĂ©part qu’il s’engage sur le long terme. Ce n’est pas une cure de quelques mois », explique le Dr Cazauran.
Cela ne veut pas dire que tout le monde restera sous injection toute sa vie. Certains patients maintiennent leur poids aprĂšs l’arrĂȘt, d’autres passent Ă une dose d’entretien plus faible, d’autres encore reprennent le traitement lors d’une reprise de poids. Il n’existe pas de durĂ©e standard. La dĂ©cision se prend au cas par cas, avec l’Ă©quipe qui vous suit, en fonction de l’Ă©volution, de la tolĂ©rance, des maladies associĂ©es, du remboursement et de vos objectifs.
Quelle perte de poids peut-on attendre aprĂšs un traitement Wegovy/Mounjaro?
Avec un accompagnement bien conduit (suivi diĂ©tĂ©tique, activitĂ© physique, dose pleine et prise rĂ©guliĂšre), les rĂ©sultats des essais cliniques sont les suivants au bout d’un an et demi environ :
- sans mĂ©dicament, l’accompagnement seul permet de perdre en moyenne 2 Ă 3 % du poids ;
- avec le sĂ©maglutide (Wegovy), la perte moyenne est d’environ 15 %, et un patient sur deux perd plus de 15 % ;
- avec le tirzĂ©patide (Mounjaro), elle est d’environ 20 %, et plus d’un patient sur deux perd plus de 20 %.
Pour un patient de 120 kg, cela représente 18 à 24 kg. Ces résultats se maintiennent tant que le traitement est poursuivi.
En pratique courante, les rĂ©sultats sont souvent infĂ©rieurs. Les grandes Ă©tudes menĂ©es en dehors des essais montrent qu’environ un patient sur deux arrĂȘte le traitement dans l’annĂ©e, pour des raisons de coĂ»t, d’effets digestifs ou de lassitude, et que beaucoup n’atteignent jamais la dose maximale. Tous patients confondus, la perte de poids Ă un an est alors bien plus modeste, souvent de l’ordre de 5 Ă 10 %. Chez ceux qui poursuivent le traitement Ă pleine dose, on retrouve en revanche des rĂ©sultats proches de ceux des essais.
« L’Ă©cart entre les essais et la vie rĂ©elle, c’est l’accompagnement et la rĂ©gularitĂ©. Un mĂ©dicament pris de façon irrĂ©guliĂšre, Ă dose insuffisante, sans suivi, donne des rĂ©sultats dĂ©cevants. C’est exactement ce que nous cherchons Ă Ă©viter », souligne le Dr Cazauran.
Les injections pour maigrir, quel effet par rapport Ă la chirurgie ?
La chirurgie bariatrique reste aujourd’hui le traitement le plus efficace de l’obĂ©sitĂ© : le tableau de perte de poids aprĂšs sleeve montre environ 25 % de perte et 30 % aprĂšs un bypass, avec des rĂ©sultats qui se maintiennent en grande partie Ă 5 et 10 ans, sans traitement quotidien.
Dans les meilleures conditions, le tirzĂ©patide s’en approche Ă un ou deux ans. Mais son effet dĂ©pend de la poursuite du traitement, alors que celui de la chirurgie ne dĂ©pend pas d’une prise quotidienne. En vie rĂ©elle, l’Ă©cart entre les deux est d’ailleurs bien plus marquĂ© que dans les essais : une Ă©tude amĂ©ricaine portant sur plus de 40 000 patients Ă©ligibles aux deux options a mesurĂ©, Ă trois ans, une perte de 7 % sous sĂ©maglutide contre 22 % aprĂšs sleeve et 28 % aprĂšs bypass.
Wegovy vs mounjaro vs chirurgie bariatrique : efficacité comparée
| CritÚre | Wegovy (sémaglutide) | Mounjaro (tirzépatide) | Chirurgie (sleeve/bypass) |
|---|---|---|---|
| Perte de poids (essais) | ~15% du poids initial | ~20% du poids initial | ~25% sleeve / ~30% bypass |
| Perte de poids (vie réelle) | 5 à 10% en moyenne | 5 à 10% en moyenne | ~22% sleeve / ~28% bypass |
| DurĂ©e d’effet | Tant que le traitement est pris | Tant que le traitement est pris | Maintenu 5 Ă 10 ans |
| Reprise Ă l’arrĂȘt | ~2/3 du poids perdu en 1 an | ~1/2 du poids perdu en 1 an | Partielle, sans prise quotidienne |
| Réversibilité | Oui | Oui | Non (irréversible) |
| Risque opératoire | Aucun | Aucun | Oui, complications possibles |
| Supplémentation vie | Non | Non | Vitamines à vie |
Les deux approches ne s’opposent pas pour autant. Elles ont chacune leurs indications, leurs contraintes et leurs risques :
- la chirurgie est irréversible, comporte un risque de complications et impose un suivi et une supplémentation en vitamines à vie ;
- le mĂ©dicament est rĂ©versible et n’expose pas au risque opĂ©ratoire, mais doit ĂȘtre pris au long cours et entraĂźne une reprise de poids Ă l’arrĂȘt.
Elles peuvent aussi se complĂ©ter : les analogues du GLP-1 sont aujourd’hui le premier traitement proposĂ© en cas de reprise de poids aprĂšs chirurgie.
« Le choix entre mĂ©dicament et chirurgie ne se fait pas sur l’efficacitĂ© seule. Il dĂ©pend de l’IMC, des maladies associĂ©es, de l’histoire du patient, de sa capacitĂ© Ă suivre un traitement au long cours et de ce qu’il est prĂȘt Ă accepter. C’est une dĂ©cision que nous prenons ensemble, en rĂ©union pluridisciplinaire », explique le Dr Cazauran.
La diffĂ©rence ne se limite pas aux kilos. La chirurgie bariatrique est, Ă ce jour, le seul traitement de l’obĂ©sitĂ© dont on a dĂ©montrĂ©, avec plus de vingt ans de recul, qu’il rĂ©duit la mortalitĂ© et prolonge la vie. Les analogues du GLP-1 ont montrĂ© une rĂ©duction des accidents cardiovasculaires chez les patients dĂ©jĂ cardiaques, sur trois ans, mais on ne sait pas encore s’ils prolongent la vie Ă long terme dans l’obĂ©sitĂ© en gĂ©nĂ©ral. Dans les comparaisons directes disponibles, la chirurgie est associĂ©e Ă une meilleure survie, essentiellement parce qu’elle fait perdre plus de poids.
« Un régime à coup de piqûres » : pourquoi ça ne marche pas
Beaucoup de patients arrivent avec l’idĂ©e que l’injection va faire le travail Ă leur place. C’est comprĂ©hensible : le mĂ©dicament coupe la faim, et les kilos partent. Mais cette idĂ©e conduit presque toujours Ă l’Ă©chec, pour deux raisons.
La premiĂšre est physiologique. Le mĂ©dicament fait perdre du poids, mais il ne choisit pas ce que l’on perd. Sans activitĂ© physique et sans apport suffisant en protĂ©ines, une part importante de la perte se fait sur le muscle. Or c’est le muscle qui brĂ»le de l’Ă©nergie au repos et qui permet de bouger. Un patient qui a perdu beaucoup de muscle, puis qui arrĂȘte le traitement, se retrouve avec un corps qui dĂ©pense moins d’Ă©nergie qu’avant et reprend du poids plus vite, souvent sous forme de graisse.
La seconde est comportementale. Le mĂ©dicament agit sur la faim, pas sur les habitudes. La sĂ©dentaritĂ©, les repas irrĂ©guliers, le grignotage Ă©motionnel, le manque de sommeil : rien de tout cela n’est traitĂ© par l’injection. Tant que le mĂ©dicament masque la faim, ces habitudes semblent ne plus poser de problĂšme. Le jour oĂč le traitement est rĂ©duit ou arrĂȘtĂ©, elles sont toujours lĂ .
« Le mĂ©dicament ouvre une fenĂȘtre. C’est pendant cette fenĂȘtre qu’il faut construire ce qui tiendra ensuite : bouger, se muscler, rĂ©organiser ses repas. Si on ne le fait pas, on referme la fenĂȘtre en revenant au point de dĂ©part », rĂ©sume le Dr Cazauran.
« Je commence les piqûres, et aprÚs je changerai mes habitudes »
C’est le raisonnement le plus frĂ©quent, et il part d’une bonne intention : le mĂ©dicament comme coup de pouce pour se lancer. Il y a une part de vrai. En rĂ©duisant la faim et les compulsions, le traitement rend certains changements plus faciles.
Mais l’expĂ©rience montre que le « aprĂšs » n’arrive presque jamais tout seul. Quand le poids baisse sans effort, la motivation Ă changer diminue : pourquoi se mettre au sport si la balance descend dĂ©jĂ ? Et les habitudes anciennes s’installent Ă cĂŽtĂ© du traitement, jusqu’au jour oĂč il faut le rĂ©duire.
C’est pourquoi la Haute AutoritĂ© de SantĂ© positionne ces traitements en seconde intention, aprĂšs au moins six mois de prise en charge mĂ©dicale bien conduite (suivi diĂ©tĂ©tique, activitĂ© physique adaptĂ©e et, si besoin, accompagnement psychologique), lorsque la perte de poids obtenue est infĂ©rieure Ă 5 %. Les conditions de remboursement entrĂ©es en vigueur en juin 2026 reprennent ce mĂȘme critĂšre.
Au Centre Nutrition ObĂ©sitĂ©, nous appliquons cette recommandation. Le traitement n’est envisagĂ© qu’aprĂšs ces six mois, et Ă deux conditions :
- la perte de poids obtenue est insuffisante malgré une prise en charge suivie ;
- des changements d’habitudes de vie sont rĂ©ellement constatĂ©s : sortie de la sĂ©dentaritĂ©, repas structurĂ©s, travail sur le comportement alimentaire.
« On ne commence pas les injections pour amorcer les changements. On les commence quand les changements sont lĂ et que le corps ne suit pas. C’est dans cet ordre que le traitement a des chances de tenir dans le temps », explique le Dr Cazauran.
Cette pĂ©riode de six mois n’est pas une attente ni une Ă©preuve Ă subir. C’est pendant ces mois que se construisent les habitudes sur lesquelles le traitement viendra s’appuyer, et qui resteront en place le jour oĂč il sera rĂ©duit ou arrĂȘtĂ©. Certains patients y dĂ©couvrent d’ailleurs qu’ils perdent du poids sans mĂ©dicament et n’en auront pas besoin.
« Ce qui est le plus difficile, ce n’est pas de perdre du poids sous traitement. C’est de sortir de la sĂ©dentaritĂ© et de changer durablement sa façon de vivre. Le mĂ©dicament aide Ă consolider ces changements, il ne les remplace pas », conclut le Dr Cazauran.
Impacts et intĂ©rĂȘts des traitements en comprimĂ© ?
Des formes orales de ces mĂ©dicaments arrivent. Le sĂ©maglutide en comprimĂ© (Wegovy oral) a reçu une autorisation europĂ©enne Ă l’Ă©tĂ© 2026, et d’autres molĂ©cules par voie orale sont en cours d’Ă©valuation. L’une des pistes Ă©tudiĂ©es est de les utiliser en relais, aprĂšs une phase de perte de poids sous injection, pour aider Ă stabiliser le poids.
Les premiers rĂ©sultats sont encourageants, mais ces traitements sont encore rĂ©cents. Leur place rĂ©elle, leur tolĂ©rance au long cours et leurs conditions de remboursement en France restent Ă prĂ©ciser. Au Centre Nutrition ObĂ©sitĂ©, nous n’avons pas encore de recul sur ces formes orales et nous attendons de disposer de donnĂ©es et d’une expĂ©rience suffisante avant de les proposer.
« Un comprimĂ© ne change pas le fond du problĂšme. Que le traitement soit injectable ou oral, il s’agit d’un traitement au long cours, qui ne remplace ni l’activitĂ© physique ni les changements d’habitudes », rappelle le Dr Cazauran.
Comment prĂ©parer l’arrĂȘt et limiter la reprise de poids ?
L’arrĂȘt du traitement ne signifie pas la fin de la prise en charge. Voici ce que nous conseillons :
- Ne pas arrĂȘter seul. L’arrĂȘt se dĂ©cide et se prĂ©pare avec l’Ă©quipe qui vous suit. En cas de difficultĂ© financiĂšre ou de perte du remboursement, parlez-en avant d’interrompre le traitement.
- Entretenir ses muscles pendant le traitement. Une activitĂ© physique adaptĂ©e et rĂ©guliĂšre, incluant du renforcement musculaire, ainsi qu’un apport suffisant en protĂ©ines aident Ă prĂ©server la masse musculaire et Ă stabiliser le poids.
- Consolider les habitudes. Des repas rĂ©guliers, l’Ă©coute des signaux de faim et de satiĂ©tĂ©, et un travail sur le comportement alimentaire jouent un rĂŽle important.
- Ătre suivi aprĂšs l’arrĂȘt. Un suivi avec un mĂ©decin nutritionniste ou un diĂ©tĂ©ticien et des pesĂ©es rĂ©guliĂšres permettent de repĂ©rer tĂŽt une reprise de poids et d’adapter la prise en charge : reprise du mĂ©dicament ou autre option.
- RĂ©duire la dose progressivement ? Diminuer la dose petit Ă petit, ou garder une dose d’entretien plus faible, pourrait limiter la reprise. Les donnĂ©es sont encore trop limitĂ©es pour en faire une recommandation.
PrĂ©parer et gĂ©rer l’arrĂȘt de wegovy ou mounjaro : Ă©tapes clĂ©s
| Ătape | Action recommandĂ©e | Objectif |
|---|---|---|
| 1 | Ne pas arrĂȘter seul | DĂ©cider avec l’Ă©quipe mĂ©dicale |
| 2 | Maintenir une activité physique | Préserver la masse musculaire |
| 3 | Apport suffisant en protéines | Limiter la perte musculaire |
| 4 | Consolider les habitudes alimentaires | Stabiliser le poids sans médicament |
| 5 | Assurer un suivi aprĂšs l’arrĂȘt | DĂ©tecter tĂŽt une reprise de poids |
| 6 | Envisager une rĂ©duction progressive | Limiter le rebond de l’appĂ©tit |
| 7 | Reprendre le traitement si besoin | Gérer une reprise de poids avérée |
« Les mĂ©dicaments agissent sur la biologie de l’obĂ©sitĂ©. Les habitudes mises en place sont indispensables pour stabiliser le poids, mais elles ne suffisent pas toujours Ă elles seules Ă compenser l’arrĂȘt du traitement. L’objectif n’est pas seulement de perdre du poids, mais de maintenir les bĂ©nĂ©fices obtenus sur le long terme. C’est pourquoi le suivi reste essentiel, mĂȘme aprĂšs l’arrĂȘt », rappelle le Dr Cazauran.
Questions et rĂ©ponses frĂ©quentes sur l’aprĂšs traitement du Wegovy et Mounjaro
Références bibliographiques
- Quarenghi M, Capelli S, Galligani G et al.. « Weight Regain After Liraglutide, Semaglutide or Tirzepatide Interruption: A Narrative Review of Randomized Studies. ». J Clin Med. 2025. 14(11). PubMed PMID:40507553
- Kow CS, Thiruchelvam K, Ramachandram DS et al.. « Weight Regain Trajectories After Discontinuation of Semaglutide or Tirzepatide: A Reconstructed Aggregate-Data Bayesian Longitudinal Meta-Analysis. ». Endocrinol Diabetes Metab. 2026. 9(5):e70325. PubMed PMID:42673571
- Patel H, Babli SA, Shah S et al.. « Post-cessation Weight Regain After Weight Management Medications: A Systematic Review and Meta-Analysis. ». Cureus. 2026. 18(6):e111786. PubMed PMID:42534203
- Haute AutoritĂ© de SantĂ©. « Haute AutoritĂ© de SantĂ© – Avis n°2025.0075/AC/SEM du 18 … ». HAS. Voir la source
- Haute AutoritĂ© de SantĂ©. « Inscription – MOUNJARO (CT-21349) ». HAS. Voir la source




